Sécurité

EAC: Voici les attentes du Sud-Kivu aux pourparlers de Nairobi 3

Le facilitateur facilitateur du processus de Nairobi désigné par la Communauté de l’Afrique de l’Est (EAC) Uhuru Kenyatta cloture sa mission de consultyation a Kinshasa ce mardi 14 novembre. Après avoir été reçu par le président Félix Tshisekedi et le staff de la Monusco dimanche dernier, il a reçu hier lundi 14 novembre, la classe politique congolaise notamment les deux chambres du parlement, ainsi que les représentants de différentes communautés venues du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri, afin de définir ensemble les pistes de solutions aux problèmes de l’insécurité dans l’Est de la RDC, dans la perspective des pourparlers de Nairobi prévus le 21 novembre 2022.

Le Sud-Kivu a été représenté par 14 personnes venues des différentes communautés et différents territoires. Dans le document nommé remis à l’ancien président du Kenya en vue de contribuer au pre-dialogue de préparation du troisième round des pourparlers de Nairobi, la délégation du Sud-Kivu a d’abord brossé le contexte sécuritaire avec un coup de projecteur sur les causes de l’instabilité dans l’Est de la RDC en particulier et dans la region des grand-lacs en général.

«La region des grands-lacs est instable depuis plus de deux décénies, et la population reste victime des atrocités de tout genre: viols, massacres à grande céhelle, pillages des ressources naturelles, assassinats ciblés, départs massifs et quasi permanet des populations, départs forcés en refuge, et beaucoup d’autres exactions vécues par les communautés congolaises de cette sous-région… Et cette instabilité de la population justifie la faible production dans les secteurs vitaux, ce qui accentue la pauvrété, l’insécurité alimentaire, la dépendance aux aides humanitaires et, malheureusement la création des certains mécanismes violents d’accès à certaines ressources vitales au niveau des états et transfrontalier. La RDC est sérieusement touchée par cette situation», peut-on lire dans ce document qui rappelle aussi le rapport Mapping, celui des experts de l’ONU du 8 aout 2022 et même le récent rapport des services des renseignements américains.

Devant Uhuru Kenyatta, le Sud-Kivu a déploré l’oisiveté des jeunes, l’insuffisance d’opportunités socio-économiques, et le fait que certains acteurs politiques de l’espace EAC se servent du levier identitaire pour assouvir leurs intérêts sociopolitiques. La délégation a exhorté le facilitataire du processus de paix de Nairobi à faire une lecture munutieuse et objective de la situation contextuelle de la regions des grands-lacs en général et de la RDC en particulier au risque de ne pas se laisser emporter à première vue par les faits apparents de la situation.

S’agissant des attentes du Sud-Kivu, la délégation a signifié que la province s’attend à l’impartialité dans la facilitation des pourparlers prevus le 21 novembre prochain à Nairobi. Le Sud-Kivu s’attent aussi à ce que ce processus aboutisse à la mise en œuvre des plans opérationnels du programme de désarmement PDDRC-S du gouvernement congolais, la déconstruction des différents mensonges qui justifient les veleités des différents leaders de l’espace EAC et qui continuent à faire couler du sang, et leur rappel au bon sens. Cette province s’attend aussi à la fin des alliances contre-nature entre les groupes armés locaux et étrangers qui perpetuent les violences sur les populations. Elle estime que le Rwanda et l’Ouganda devraient se sentir concernés et interpelés face aux attrocités, et s’attend aussi au renforcement des ONG nationales afin d’apporter des réponses aux victimes des différentes atrocités, et voudrait que chaque gouvernement de la region contribue pour soulager la souffrance des populations affectées.

«Que les Pays membres de l’EAC respectent scrupuleusement les conventions régissant cette institution régionale notamment la non agression entre les pays membres, ne pas soutenir les déstabilisateurs des pays voisins et le respect de l’intengibilité des frontières issues de la décolonisation; La libération sans condition de toutes les entités administratives occupées par le Rwanda à travers des terroristes du M23, le retour immédiat et sans condition de tous les groupes armés dans leurs pays respectifs; Que le Rwanda cesse de s’ingerer dans les affaires internes de la RDC en se faisant passer pour protecteur des communautés congolaises d’expression rwandaise, la création d’une commission d’experts internationaux indépendants en matière de génocide pour qualifier les crimes commis sur les populations dans l’Est de la RDC…» et bien d’autres, conclut le document en terme de recommandations.

Aussi, la délégation du Sud-Kivu exige que la facilitation de l’EAC incite l’Ouganda, le Rwanda et le Burundi à ouvrir aussi des espaces des négociations avec leurs groupes armés présents sur le sol congolais.

Par Mitima Delachance

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