Environnement

Sud-Kivu/Les champignons en danger :Le professeur Héritier Milenge appelle à la protection des écosystèmes forestiers

Renforcer le processus de conservation et de gestion durable des écosystèmes naturels et la conservation de la diversité biologique dans l’Est de la RDC, spécialement au Sud-Kivu, tel est l’objectif d’un atelier de vulgarisation du manuel de sensibilisation et de partage d’information pour la promotion des champignons et la gestion durable des habitats naturels, tenu ce vendredi 10 Septembre 2021 en ville de Bukavu dans la province du Sud-Kivu par des chercheurs de l’Institut Supérieur Pédagogique de Bukavu (ISP/Bukavu)

Occasion pour le professeur Héritier Milenge Kamalebo,enseignant au département de Biologie à l’ISP-Bukavu et chercheur au Centre de Recherches Universitaires du Kivu (CERUKI), d’indiquer que le partage de l’information sur l’importance des champignons et la sensibilisation des masses rurales des acteurs locaux sur le mode de gestion durable des forêts constituent un élément de motivation et un moyen efficace pour renforcer la promotion des champignons et le processus de conservation et de gestion durable des écosystèmes naturels.

A en croire ce chercheur, le constat est amère dans le mode de gestion des ressources naturelles, spécialement des champignons.

Par moment, des espèces d’arbres hôtes des champignons sont délibérément coupées par des utilisateurs locaux par manque d’information sur les relations qui unissent ces champions et les arbres associés.

«Des hautes termitières, habitats uniques pour plusieurs espèces de champignons termitophiles sont de fois saccagées pour la fabrication de briques, pour la collecte de termites utilisées comme appâts dans la pêche artisanale(…)Ces situations désastreuses observées sur la dorsale Ouest du lac Tanganyika et dans la partie Est du bassin du Congo est l’une des causes de la rareté de plusieurs espèces des champignons utiles et de la perte au fil de temps de savoirs locaux sur les champignons.La faible documentation de la diversité des champignons utiles et la fragmentation des connaissances sur leur importance socio-économique et écologique sont à la base de la gestion abusive de leurs habitats et le rejet de certaines espèces utiles», a fait savoir le Prof Héritier Milenge.

Ainsi, ce projet a été initié par le Centre de Recherches Universitaires du Kivu(CERUKI) avec l’appui du programme CEBIOS de l’Institut Royal des Sciences Naturelles de Belgique (IRSNB) dans le cadre de soutien à la mise en œuvre de la Convention sur la Diversité Biologique (CDB).

«Le manuel d’éducation et de sensibilisation produit dans le cadre de ce projet est orienté vers le grand public ainsi que vers les décideurs politiques et le monde scientifique. Il vise à sensibiliser pour renforcer la conservation de la biodiversité forestière et, de surcroit les champignons dont l’importante est capitale pour les populations humaines et dans la régulation du fonctionnement et le maintien des écosystèmes forestiers» ajoute notre source.

Lire aussi :http://:https://www.researchgate.net/publication/354381267_LES_CHAMPIGNONS_Mieux_les_connaitre_pour_leur_promotion_et_utilisation_durable

Après cette activité, les organisateurs attendent des participants, le changement de mode de gestion des ressources fongiques afin de concilier la promotion des champignons et la conservation des habitats naturels.

Il a été retenu que, l’intérêt porté sur les champignons ectomycorhiziens peut constituer une forte incitation à la conservation des forêts claires.

Ce qui ne semble pas être le cas dans les zones des forêts denses où les champignons saprotrophes sont les plus utilisés.

«À l’instar du maintien des habitats naturels,le renforcement de la reforestation par l’inoculation du mycélium des champignons partenaires constitue également un moyen pour favoriser la production des champignons ectomycorhiziens.Par contre, le développement des champignons saprotrophes étant favorisé par la dégradation des forêts et des habitats causée par la chute des arbres, la promotion de la culture des champignons saprotrophes utilisés localement permet de rendre la ressource disponible et de proximité et, contribuerait à la réduction de la pression sur les forêts naturelles»

De leur côté, les participant ont remercié les organisateurs de cette activité qui vient ajouter un plus à leur connaissance sur la conservation des écosystèmes et la promotion des champignons.

Ils ont promis de faire des restitutions à d’autres acteurs locaux en vue de leur implication active pour la promotion des champignons.

Sous la modération du Professeur Désiré Lumonge, cet atelier a connu la participation des plusieurs chercheurs de la ville de Bukavu, des étudiants, des entrepreneurs et autres acteurs intervenants dans le secteur de l’environnement. Il s’est tenu dans les enceintes du CERUKI-ISP en commune d’Ibanda.

Par Patrick Kitoga et Éric Chokola

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