Sud-Kivu: Théo Ngwabidje interdit les «banques Lambert» dans l’administration publique

Le gouverneur du Sud-Kivu, Théo Ngwabidje Kasi tape du poing sur la table contre le phénomène de prêt à intérêt usurier communément appelé banque Lambert qui selon lui, continue à prendre l’ampleur déshonorant dans l’administration publique.

Dans une note circulaire signée le 08 juin 2023, Théo Ngwabidje rappelle que c’est une pratique proscrite et réprimée par la loi conformément aux dispositions de l’article 96bis du code pénal zaïrois et de l’Ordonnance N° 81-067 du 07 mai 1981 portant règlement d’administration relatif à la discipline, en son deuxième chapitre relatif à l’impartialité, en ses articles 31 et 31 qui stipulent que l’exercice de toute activité commerciale, soit directement ou par personne interposée, est passible de révocation. Est passible de révocation, tout agent qui se livre à des opérations de prêts d’argent à de taux d’intérêt usurier.

Dans cette note circulaire destinée à son cabinet, aux ministres provinciaux, à l’inspecteur de la territoriale, aux directeurs chefs des services étatiques et paraétatiques de l’administration publique, et aux chefs des divisions de l’administration publique, le gouverneur du Sud-Kivu persiste, et signe:

«A dater de ce jour, j’interdis formellement cette activité, et prie les responsables ci-haut cités à faire respecter scrupuleusement cette mesure, tout en formulant une sévère mise en garde aux personnes qui s’adonnent à cette sale besogne», dit Théo Ngwabidje.

Le Chef de l’Exécutif provincial avertit que tout agent qui s’évertuera à mener à nouveau cette activité se verra exposé aux poursuites judiciaires, et selon le cas, la révocation au sein de l’administration publique. Ajoutons que même la Bible interdit le prêt avec intérêt.

«Tu n’exigeras de ton frère aucun intérêt ni pour argent, ni pour vivres, ni pour rien de ce qui se prête à intérêt», peut-on lire dans Deutéronome 23:19

«Tu ne lui prêteras point ton argent à intérêt, et tu ne lui prêteras point tes vivres à usure», peut-on encore lire dans Lévitiques 25:37

Malheureusement la pauvreté a conduit bon nombre de personnes sur cette voie. Dans l’administration ou ailleurs l’on constate souvent que même ceux qui s’appellent serviteurs et servantes de Dieu sont tombés dans la même pratique interdite par la loi, et par la Bible.

La banque Lambert tire son origine du nom d’une ancienne banque ayant existé Congo belge à l’époque coloniale, elle était chargée de prêter au nom de la colonie pour financer quelques projets des populations notamment les projets agricoles. Après cette vieille banque, il a été considéré désormais que toute personne physique, qui pouvait prêter et exiger le remboursement avec intérêt dans un bref délai porterait l’appellation de banque Lambert. Ces personnes agissent dans l’informel, et profitent de la position de faiblesse d’autrui pour leur faire signer des documents.

Actuellement ce phénomène désigne un système d‘emprunt au taux de remboursement élevé avec un délai de remboursement convenu, qui est généralement court. Le principe est simple, il suffit d’emprunter de l’argent auprès d’un créancier et s’engager à le rembourser dans un délai fixé surtout par le créancier, qui fixe aussi le taux d’intérêt qui, généralement va de 10% à 50% de la somme empruntée. Bien que la pratique de la banque Lambert n’est presque pas réglementée, l’État congolais a quand-même placé dans le Code civil la prohibution de l’usure, c’est-à-dire la prohibition du taux excessif du taux d’intérêt.

L’importance de la banque Lambert c’est la souplesse et la rapidité de la procédure pour répondre aux urgences sans trop de paperasses et du temps à perdre comme à la banque habituelle. Son inconvénient c’est en cas de non-remboursement dans le délai. Cela occasionne des malentendus entre le créancier et le débiteur, d’autres en viennent aux coups, d’autres encore finissent devant la police; et ceci n’honore pas l’administration publique, dixit Ngwabidje.

Par Mitima Delachance

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